Un des 8 soldats français blessés vendredi en Afghanistan par l'explosion d'une bombe, qui avait tué sur le moment un soldat français, est décédé dimanche à Ramstein, dans le centre de l'Allemagne où il avait été rapatrié, des suites de ses blessures, a annoncé le ministère de la Défense à Paris. Son décès porte à 31 le nombre de soldats français tués en Afghanistan depuis le début du conflit en 2001.
Le caporal-chef Thomas Rousselle du 3e régiment d'Infanterie de Marine de Vannes avait été ramené en Allemagne dans la nuit de vendredi à samedi par un avion militaire américain et hospitalisé sur la base américaine de Ramstein. Agé de 30 ans, il s'était engagé au 3e Régiment d'infanterie de marine (Vannes) en avril 1998. Durant ses 11 années de service, il avait notamment servi en Bosnie-Herzégovine, en République de Côte d'Ivoire et au Kosovo. Pour sa seconde mission en Afghanistan où il était arrivé fin mai 2009, le caporal-chef Rouselle occupait les fonctions de radio-tireur sur VAB. Il était marié et père d'une petite fille de 3 ans, selon le SIRPA Terre.
Paris, Berlin et Londres pour une conférence internationale
Trois autres blessés, les plus grièvement touchés par l'explosion qui visait un convoi blindé français vendredi dans l'est de l'Afghanistan, avaient été rapatriés de la même manière et cinq sont toujours hospitalisés à Kaboul. L'attaque avait fait un mort, un caporal de 24 ans (lire notre article). Nicolas Sarkozy a adressé ses condoléances à la famille du soldat décédé dimanche. "Cette attaque meurtrière endeuille une nouvelle fois notre pays tout entier. Le chef de l'Etat tient à adresser ses condoléances attristées à la famille du défunt et lui dire toute sa compassion", écrit le chef de l'Etat dans un communiqué publié dimanche par l'Elysée. Le Premier ministre François Fillon a exprimé "sa reconnaissance et celle de la nation toute entière" à l'égard du caporal-chef Thomas Rousselle. Et le ministre de la Défense Hervé Morin a fait part de sa "grande émotion" dimanche dans un communiqué après la mort du second soldat, exprimant "sa plus grande reconnaissance à l'égard de ce militaire qui a courageusement donné sa vie au service de la France et de la paix".
Une conférence internationale sur l'Afghanistan se tiendra avant la fin 2009 pour pousser les Afghans à prendre la responsabilité de leur pays, ont annoncé la chancelière Angela Merkel et le Premier ministre britannique Gordon Brown dimanche à Berlin. L'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France ont pris l'initiative de convoquer cette conférence, avec l'appui des Etats-Unis, pour amener l'Afghanistan "à prendre de plus en plus de responsabilités", et parvenir à des progrès vérifiables dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance et du développement, a déclaré Mme Merkel, avant un entretien avec Gordon Brown. "Ce qui est important, et c'est notre point de vue commun, c'est d'exercer des pressions pour trouver une façon de faire comprendre aux Afghans qu'ils doivent prendre pas à pas la responsabilité" du pays, a ajouté la chancelière lors d'une conférence de presse.
La conférence réunira le prochain gouvernement afghan formé après l'élection présidentielle, les Nations unies, l'Otan et les pays contributeurs, a précisé le Premier ministre britannique. Huit ans après l'intervention en Afghanistan, il s'agit "de passer en revue les tactiques des Talibans (...) et que nous voyions comment amener les Afghans eux-mêmes à prendre plus de responsabilités dans leurs propres affaires". Le lieu où se tiendra la conférence n'a pas été fixé, a indiqué Mme Merkel. "Nous en discutons encore. Mais cette initiative montrera que l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont intérêt à encourager ce processus, et cet intérêt est partagé par nos partenaires américains", a-t-elle dit